la Compagnie

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Tuesday, May 15, 2012

Photo de famille.

Même si notre saison prochaine va rester un secret quelques courtes semaines encore, difficile de résister à l'idée de vous en dévoiler un léger avant-goût, avec cette photo de famille (magister artium noster fecit) où vous reconnaîtrez naturellement et sans peine Zizine et Ragnar encadrant notre poster boy August Håkansson.
Non, nous ne vous en dirons vraiment pas plus. 
Mais le premier qui devinera de quoi il s'agit gagnera peut-être une place à l'une des représentations du spectacle en question!
En attendant, pour être les premiers informés, soyez certains d'être inscrits à notre newsletter qui vous en dira tout dès que ce sera officiel.

Sunday, April 29, 2012

Ragnar.

Lorsque nous préparions notre spectacle autour de l'oxymorique Captaine Tobias Hume, il m'avait semblé logique d'envisager la présence de percussions militaires au sein de l'instrumentarium déjà vaste de la production. Mais hélas, des conflits d'agenda avec le percussionniste que nous avions approché ne nous ont pas permis de le compter parmi les rangs de l'Ebo, et nous avions su nous contenter de nos cordes pincées et frottées.
Mais maintenant que nous préparons une reprise de ce spectacle (nous vous dirons précisément où et quand dans très peu de temps, don't worry!) — qui avait su séduire le public par son humour fantasque lors de sa création, il y a maintenant un an et demi — il paraît essentiel de revenir à cette idée, pour accentuer l'héroïsme soldatesque de certaines pièces qui composent notre programme.
C'est donc avec une grande joie et une grande fierté que nous vous présentons notre petit dernier, qui rejoint la famille de Zizine, la Femme du Pirate (nos violes), Willie (notre luth) et Hortense (notre vielle à roue): un tendre tambour renaissance à la voix rauque et profonde, doucement attachant mais parfois brusquement puissant: Ragnar, du nom d'un violent héros Viking, aussi bravard que notre mercenaire préféré (parce que, oui, nous baptisons tous nos instruments. Evidemment, sinon ils n'iront pas au Paradis des instruments).
Les ratatam vont bon train ces jours-ci dans nos laboratoires, et s'il fait déjà toutes ses nuits, nous pouvons vous assurer qu'une fois réveillé, il n'hésite pas à faire savoir qu'il a faim de batailles, et, musique digne des oreilles de Jupiter, qu'il est heureux to sing the praise of honor'd wars, the glory of wel gotten skars, the bravery of glittring shields, of lusty harts & famous fields!










Charles.









Monday, April 23, 2012

Back!


Après six semaines passées à Toronto — œuvrant sur une des plus magnifiques productions d'opéra baroque que j'ai jamais vues, l'Armide de Lully par Opera Atelier, qui s'apprête à voler vers l'opéra royal de Versailles (comment vous dire la hâte que j'ai de travailler sur une des plus belles scènes du monde?) — me voilà de retour à Paris, plein de bonnes nouvelles oghmiônes.
Certes cette saison-ci a été un peu sacrifiée, tant à l'achèvement de notre filmLord Arthur qu'à mon voyage. Nous avions envisagé à un moment l'invitation d'un nouveau metteur en scène pour créer un spectacle en mon absence, mais, fearing of times tiranie, nous avons dû nous plier et abandonner l'idée pour ne pas bâcler le projet qui n'est que partie remise, nous résignant tristement à une brève saison un peu condensée aux mois d'hiver.
Mais je rentre, non seulement porté par la magie d'un spectacle dont nous pouvons tous être très fiers (sans flagornerie), mais surtout remonté à bloc, la tête pleine d'idées magistrales, qui seront développées dans les semaines qui viennent, le Concile de la Compagnie devant se réunir dans de très brefs délais pour les amorcer, avant de vous les annoncer au son des fifres et tambours.
Des idées terribles, je me dois de vous prévenir — fortes, ambitieuses, et innovantes. Comme toujours. Sinon on s'ennuierait un peu, non?
Charles.

Friday, March 30, 2012

La Compagnie vue par…

Notre directeur artistique, Charles, par Marshall Pynkoski,
dans les coulisses d'Armide de Jean-Baptiste Lully,
Opera Atelier, Toronto, Canada.

Sunday, March 4, 2012

Mais si, promis, on travaille!

Certes, ce n'est pas peu dire que nous ne brillons pas ces temps-ci par une actualité fourmillante — et que même ce blog pourtant si effervescent à l'habitude, a tendance à s'enfermer dans un silence surprenant.
A vrai dire, à part une représentation en octobre des Avantures d'Ulisse à Créteil, nous avons concentré nos efforts cette saison sur notre film, Lord Arthur Savile's Crime: sur son achèvement (qui nous a occupés jusqu'en janvier tout de même, soit plus d'un an et demi après le début de la production), et sur sa diffusion.
Le jeu en valait la chandelle, puisque nous l'avons maintenant sur un DVD tout beau dont nous sommes très fiers, et les retours qui continuent d'affluer sont plutôt encourageants. Restent ceux, plus triviaux certes, des différents festivals où nous avons postulé, un peu partout dans le monde — dont les premiers devraient arriver dans le mois. Nous croisons les doigts!

photo Bruce Zinger
pour Opera Atelier
Mais, en dehors du film, si je n'ai pas voulu représenter de nouveaux projets cette saison-ci, c'est aussi que je disparais bientôt un long temps, pour travailler à un autre, au Canada: Armide, de Jean-Baptiste Lully, monté par nos amis d'Opera Atelier, et sur lequel je suis engagé comme assistant à la mise en scène, pour mon travail sur la prosodie française du dix-septième siècle.
C'est la deuxième fois que je pars travailler avec eux — la première, c'était sur un opéra un peu plus récent, mais pas moins intéressant: Iphigénie en Tauride, de C. W. Gluck, en 2009 (rentrant alors juste à temps pour créer notre spectacle sur les Sonnets de Shake-speare, To.The.Onlie.Begetter.).
Après une semaine à Toronto cet été, pour travailler avec les chanteurs sur le texte et sa prononciation, main dans la main avec le chef d'orchestre, je m'envole aujourd'hui pour y passer six semaines, aux côtés de Marshall Pynkoski, le metteur en scène — six semaines de travail acharné, dense, mais très-enrichissant, travail couronné par une série de représentations à Toronto, avant une reprise dans la foulée à l'Opéra Royal de Versailles, en mai! 
C'est un grand défi, mais ça va être vachement chouette de le relever!
Sans parler de la joie de passer tant de temps sur la langue parfaite de Quinault et dans les mesures les plus magnifiques de Lully (que nous avons un peu empruntées d'ailleurs pour le thème musical de notre film), le tout au sein d'une équipe formidable!


Mais ce n'est pas parce que nos dates de représentations oghmiônes ont été réduites à leur plus grand extrême depuis la création de la Compagnie il y a six ans maintenant (eh oui, le temps passe bien vite!), que nous n'avons pas lancé pour autant de grands chantiers, que nous ne travaillons pas toujours aussi secrètement, dans l'ombre des bougies vascillantes dont nous aimons à nous éclairer, à de nouveaux projets dont nous ne manquerons pas de vous parler dans un avenir de moins en moins lointain!


Je vous le jure, on travaille toujours aussi dur à la Compagnie — c'est juste que ça se voit un tout petit peu moins en ce moment!
Charles.

Wednesday, January 18, 2012

Die Stille nach Leonhardt.

Oui, comme beaucoup d'autres dans le monde du baroque, nous allons y aller de notre petit hommage à Gustav Leonhardt, disparu lundi.
Non pas pour faire comme tout le monde, mais parce que, quelque part, on lui doit beaucoup, à la Compagnie. Pas directement, non — je n'ai jamais osé l'approcher lorsque je le croisai, préférant garder l'image d'un homme silencieux en dehors de sa musique —, mais sans lui, il est fort probable que nous eussions pris une autre direction.
Car c'est à travers lui, et son enregistrement de la Matthäus-Paßion, que j'ai découvert Bach, et le baroque. 
Ma première écoute, je me rappelle, un soir parisien enneigé, peu après Noël, a sans doute eu le même effet sur moi que sur Paul Claudel les vèpres de Notre-Dame du 25 décembre 1886.
De tous les autres enregistrements que j'ai entendus depuis de la même œuvre, aucun n'a pu produire le même effet irréel, transcendant — et, quand je l'écoute à nouveau, j'en ai toujours la gorge nouée d'émotion, comme si je le découvrais pour la première fois, dès les premières notes du grand chœur d'ouverture.
Et c'est cette écoute bouleversante qui m'a ensuite conduit à certains choix de mise en scène pour Phèdre et Hippolyte, et tout le tournant résolument baroque qu'a pris la Compagnie depuis, mon exploration de la musique, du théâtre de l'époque, de ses pratiques et codes. 
C'est lui qui me fit découvrir Froberger, en concert, plus tard, et son Tombeau pour Monsieur de Blancrocher que nous utiliserions dans nos Avantures d'Ulisse.
Et, tandis que nous répétions pour nos spectacles suivants, To.The.Onlie.Begetter. et alli, toujours restait-il présent dans nos esprits, par sa façon unique d'appréhender la musique, de la traduire, de la véhiculer. La musique instrumentale, mais aussi celle des textes.
J'ai eu la chance de suivre certaines de ses répétitions avec orchestre, à la Cité de la musique, fasciné, de voir plusieurs de ses récitals de clavecins — sinon le dernier, et heureusement sans doute, car je ne garderai pas une image fatiguée de lui —, toujours submergé par une émotion immense.
Mais trouver des mots pour décrire ce qui ne le peut être serait finalement le réduire, et ses enregistrements, leur fine précision d'orfèvre le feront bien mieux que moi. 
Charles.









Thursday, January 12, 2012

— — at last! (bis repetita)

Ce que nous attendions tous depuis bien trop longtemps déjà, c'est-à-dire le DVD de Lord Arthur Savile's Crime, un film muet en anglais de Charles Di Meglio d'après Oscar Wilde, avec, entre autres, du champagne, de vieilles femmes, des gens tous nus, Thomas Lajudie, de vieux dégueulasses, de l'opium, de l'amour, Giulia Dussollier, un peu de sexe, le Times, Venise, Arthur Perier, des masques, une gondole, Christine Narovitch, des machines-à-gros-plan, des effets visuels très-spéciaux, du noir et du blanc, des majordomes,  sort aujourd'hui, dans un digipack formidable.


Au programme — en plus du film présenté avec une bande originale de l'Ebo, interprétée par les violes de gambe de Marie-Suzanne de Loye et Mélusine de Pas — quelques suppléments plutôt exaltants, que nous vous avons patiemment concoctés avec le monteur du film, Quentin Dany:

— une interview du metteur en scène,
— des extraits des storyboards originaux,
— une bobine d'actualités réalisée par Pierre Dupont sur la projection en avant-première du film,
— la bande-annonce d'ycelui.

Il est vivement conseillé par nos égéries, Mesdames Michu et Pustule, de vous hâter de contacter la Compagnie pour commander votre exemplaire exemplaire.