la Compagnie

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Monday, October 15, 2012

Retour aux sources.

Il arrive parfois, tandis que l'on travaille sur un spectacle, que le monde qui nous entoure et auquel on fait alors sans doute un peu moins garde qu'à l'accoutumée, semble nous favoriser.
Ainsi, tandis que je suis en pleines répétitions des Confessions de Saint Augustin, voici qu'ouvre au Musée Carnavalet une exposition qui n'eût pu être plus à propos, j'entends évidemment parler des Couleurs du Ciel, peintures des églises de Paris au 17e siècle — elle n'eût pu l'être plus, car comment ne pas être empreint de peinture baroque religieuse lorsque l'on passe ses journées à avoir la langue d'Arnaud d'Andilly si magnifique en bouche, à tel point que j'en arrive presqu'à croire que Saint Augustin vivait au dix-septième siècle. Comment ne pas être empreint de peinture baroque religieuse, quand ma gestuelle en découle, quand mon dictionnaire de gestuelle pour ce projet-là est une monographie de Philippe de Champagne?
Et donc, naturellement, ni une ni deux, dès que justement mes répétitions m'en laissent la liberté, j'y file, pour m'y ressourcer, à un moment où je me sens prêt pour la présentation à Sainte-Clotilde dimanche, mais où je sens aussi que je peux aller encore plus loin.
Peu de monde, et quand, soudain, au détour d'une pièce, je me retrouve, sans m'y attendre, face à face avec Dieu le Père créant l'Univers matériel dudit Champagne!

Je connais bien la toile, naturellement, puisque j'en tire mon geste pour le salut dont Augustin parle à plusieurs reprises. Mais, ça arrive: je ne suis jamais allé à Rouen.
C'est donc la première fois que je le vois, en vrai, et c'est en plus une surprise — comme si l'on rencontrait quelqu'un qu'on a toujours voulu connaître tout à coup, dans la rue.
Je m'en repais au point de ne plus voir que les coups de pinceaux invisibles du peintre de Port-Royal, d'être sur le point de toucher la toile sans m'en rendre compte, tellement je m'y projette.

Puis, bam! de l'autre côté du mur: un Simon Vouet de la fin de sa carrière!
Des visages comme jamais il n'en fit de si beaux, des couleurs, comme toujours, confondantes!
C'en est presque déjà trop, je vascille, me dépêche, cours dans une autre salle, tâchant de calmer mes yeux et mes sens par des toiles peut-être un peu plus banales, mais impossible.
Je rentre dans une nouvelle pièce, et que vois-je? Le Songe d'Elie ("Eveillez-vous, vous qui dormez"), où je suis surpris de découvrir le visage d'un tout jeune homme sous la barbe grisonnante du prophète, puis une esquisse du cycle de Saint Gervais-Saint Protais, rendue plus émouvante encore par sa petite taille, et à la même précision unique que l'immense carton du Louvre, un épisode de la vie de Saint Bruno que je ne connaissais pas!
La tête me tourne, je suis ivre de ces toiles, repasse febrilement dans les pièces où je sais qu'elles sont, n'accorde plus qu'un regard discret aux autres, les yeux humides, et je ressors, naturellement bouleversé, profondément ému, et il me semble que le Marais que j'arpente alors est en pleine effusion baroque, et je serai peu étonné de voir Marc-Antoine Charpentier et Jacques Bossuet sortir de Saint-Paul-Saint-Louis, après une bonne après-midi de travail, et suis aussi ému que lorsque je sors du Musée des Beaux-Arts de Lyon, ou bien sûr des salles baroques du Louvre, où j'avais entrainé, pour les mêmes raisons qui m'ont amené cet après-midi à Carnavalet, Christine quand nous montions Phèdre et Hippolyte de Racine où elle jouait le rôle-titre.
Charles.

Thursday, October 11, 2012

Le nuage sonore.

Ce n'est pas parce que nous faisons du baroque (et de l'élisabethain) pur et dur qu'on n'aime pas les gadgets, à la Compagnie!
La preuve en est le ci-blog, notre chaîne YouTube (où vous regardez nos bandes-annonces en boucle, of course), notre page Facebook (nous ne vous ferons pas l'affront de croire que vous ne nous likez pas déjà), notre Twitter (mais vous nous suivez déjà, naturellement), notre lettre de diffusion (comment? pas encore inscrit?), et enfin, notre récente campagne de dons.

Et à cette liste déjà fort longue, nous avons décidé d'en rajouter un, tout aussi utile, c'est-à-dire SoundCloud, où vous pourrez entendre quelques extraits choisis de nos spectacles (pour commencer l'avis au lecteur d'Arnaud d'Andilly, qui ouvre notre lecture des Confessions de Saint Augustin), quelques un de nos enregistrements, avec de drôles de graphiques tout jolis, qui nous rappellent les trucs bizarres que nous croisâmes en enregistrant la bande originale de notre dernier film, Lord Arthur Savile's Crime.



Alors, courrez! C'est super-chouette!

Wednesday, October 10, 2012

De la générale.

Deux de nos amis les plus estimés relatent la générale des Confessions de Saint Augustin, à la Chapelle de Jésus-Enfant (Sainte-Clotilde), où ils étaient.

Hier le monde était à l'envers.
Celle qui était habituée à être regardée, écoutée, critiquée se retrouvait sagement assise dans une belle chapelle parisienne pour regarder, écouter et critiquer.
En chaire: Charles Di Meglio répétait sa lecture des Confessions de Saint Augustin.
Quel texte! Les propos sur le théâtre sont bouleversants et tellement justes! Ce qui est dit de l'amour et de l'amitié est vécu, émouvant et tout cela pour nous exhorter à tourner le dos à cette vie terrestre. Pourquoi la vie nous est-elle donnée? Si ce n'est pour nous emmerveiller des beautés qui nous environnent et nous aider les uns les autres à surmonter les difficultés qui jalonnent notre chemin?
Mais revenons à Charles qui, spectral, monte en chaire, le geste sûr et très-éloquent, la voix timbrée, la prononciation surprenante de l'époque baroque donnant à entendre ce texte comme au dix-septième siècle. Il est Saint Augustin mais aussi et peut-être surtout ses relecteurs de Port-Royal et nous sommes pris par le récit de cette vie où les spectacles, l'amour, l'amitié partagent son coeur avec la crainte des pleurs de sa mère, ô combien nombreux, sur la perte de son âme.
Mon metteur en scène s'est mué en très bel acteur pour nous délivrer cette parole.
Il ne me reste plus qu'à attendre qu'il reprenne son rôle premier et me dirige dans Elisabeth Première d'Angleterre!



Christine Narovitch, notre Berma.




Formidable, au sens que ce mot revêt dans la langue classique, c'est-à-dire capable d'inspirer de la peur, c'est ce qui m'est venu en tête lorsque j'ai entendu Charles prononcer les propos de Saint Augustin traduits par Arnaud d'Andilly.
La gestuelle et la prononciation baroques, loin de créer une distance qui éloignerait les modernes que nous sommes, ou que nous croyons être, de ce texte, nous le rend au contraire étonnamment présent.
Une fois pris dans le tourbillon où se mêlent et même se confondent la voix et le corps de celui qui nous délivre ce texte tumultueux et le propos qu'il défend et illustre, il nous semble être à Port-Royal, lorsque ceux qui entendaient, qui défendaient ces textes, couraient les plus grands risques, à la fois face à la colère divine s'ils ne savaient pas les écouter et face aux autorités, dont ils sonnaient comme une condamnation.
C'est à une sorte de court-circuit que nous invite Charles, en nous mettant directement face à la résonance profonde et provocatrice de la voix des Port-royalistes.
Il ne faut pas manquer une occasion rarissime de l'entendre. 



Ivan P. Kamenarović.



Wednesday, October 3, 2012

De la chaire (et l'incarnation).

Que l'on se rassure: il ne sera plus question ici de mon pied (oui, oui, il va très bien, c'est gentil; la guérison et la convalescence sont en bons trains, merci).
Car, à mesure qu'approche la première des Lectures saintes, celle des Confessions de Saint Augustin (oui, toujours le 21 octobre prochain à Sainte-Clotilde, ne vous inquiétez pas), nos sujets se doivent naturellement d'être moins frivoles, tandis que le travail devient plus intense encore.
Et, les jours passant avec les filages, une chose devenait de plus en plus certaine: si les passages de récit (la perte de l'ami intime, par exemple, ou le départ pour Rome) étaient clairs, ceux, plus édifiants, des réflexions ou des harangues du saint, l'étaient un peu moins, n'avaient pas la même force que le reste. 
Et pour cause, quand je répète, je suis au niveau du sol, mon pupitre devant moi.
Alors que, lors des présentations, à l'instar de Bérulle évoquant le Verbe incarné à l'Oratoire de la rue Saint-Honoré, je serai en chaire.
Or (oui, c'est étonnant), les laboratoires de la Compagnie n'en sont pas encore équipés, ce qui est bien ennuyeux, car je sais que cela va changer énormément de choses — corporellement, vocalement, dans le rapport que j'aurai avec l'assistance, et dans celui que je devrai avoir avec l'incarnation du texte. Ce qui est d'autant plus ennuyeux que, si nous avons la chance de pouvoir répéter une fois à Sainte-Clotilde avant le 21 octobre, ce n'est qu'une fois, et certains de ces problèmes devront être résolus avant.
C'est pourquoi je décide aujourd'hui de recréer dans nos laboratoires une chaire de bric et de broc: quatre chaises à hauts dossiers, accolées, pour m'élever un peu plus, et pour m'encadrer dans la cuve. Certes, sans l'abat-voix, mais je n'en aurai de toute façon un qu'à Saint-Roch, puisque la chapelle de Jésus Enfant est suffisamment intime pour s'en pouvoir passer.
Ce serait un peu trop dire que cela change tout, mais tout de même. Il me semble qu'à cette nouvelle hauteur, je retrouve l'énergie et l'équilibre qui me faisaient si cruellement défaut auparavant, et je dois revoir certains détails de ma gestuelle: les envisager passant par dessus l'encorbellement, plus en avant, les penser en les dirigeant plus en direction de l'assistance, dont la position est fatalement modifiée. 
Certains gestes deviennent plus amples, plus fermes, sont plus habités, incarnés; la voix s'élève plus à certains moments qui trouvent ainsi la puissance qui manquaient à la harangue, pour tâcher de mieux happer, d'attirer au texte, par ce placement justement conçu pour de telles fins édifiantes. 
Sans parler du regard, qui doit changer radicalement puisqu'auparavant, j'étais au même niveau que mon assistance imaginaire, je pouvais le garder droit. Maintenant, impossible, évidemment: je dois le descendre, l'abaisser vers le sol, si je veux parvenir à élever celui de la foule avec moi.
Et c'est toute une perception de mon corps, et aussi toute une habitude, tant de ma choréographie gestuelle que du placement de ma voix, qui se trouvent changées, et c'est très intéressant — sans doute va-ce le devenir plus encore à mesure que je m'y sens plus à l'aise, au fil du peu de semaines qui me séparent encore de la première, et au cours desquelles j'expérimenterai aussi dans une vraie chaire, ce qui ne pourra être que plus différent et étrange encore — et d'autant plus enrichissant!
Charles.

Wednesday, September 26, 2012

De l'équilibre.

L'équilibre, dans le baroque, c'est essentiel. Enfin, un équilibre oxymorique, bien sûr.
Tout d'abord, parce que le baroque, c'est un perpetuel équilibre de deux contraires qui s'opposent, et sans lesquels le monde serait mort.
D'où la dissymétrie permanente de l'art baroque (les seuls occurences d'un corps symétrique étant la représentation du Christ mort).
Le baroque, c’est une obscure clarté pour nos regards modernes, c’est un oxymore permanent: c’est rendre visible ce qui est caché.
Et la déclamation baroque, c'est forcément un équilibre aussi. Un équilibre entre la pensée rhétorique, qui doit produire rationnellement un discours qui doit émouvoir et toucher le cœur de l'auditeur.
C'est un équilibre dans la prosodie, dans la musicalité, dans les accentuations.
C'est un équilibre dans la gestuelle.
Et c'est aussi un équilibre entre le phrasé et la gestuelle.

Il faut donc que le déclamateur soit sacrément en équilibre pour pouvoir s'y adonner, avec tous ses éléments essentiels. En équilibre, bien planté dans le sol, l'énergie des deux contraires essentiels à rendre la parole vivante et à traduire le Verbe le traversant des pieds à la tête.


Manque de bol, difficile, cet équilibre, quand on est chaussé de façon déséquilibrée. Car si, lorsque je répète ma lecture des Confessions de Saint Augustin, mon pied gauche est chaussé de sa chaussure à déclamation (oui, oui, nous avons ça!), le droit, lui, fait ce qu'il peut. Autrement dit, pour sa convalescence, et pour qu'il soit tout à fait remis avant le 21 octobre, et la première des Lectures saintes, il est enfermé dans une chaussure superatomique qui le maintient, ainsi que sa cheville, dans un carcan immobile, posé sur une énorme semelle (qui me permet toutefois de poser sans dommages le pied par terre, rendons-lui bien cela), qui est plus épaisse de plusieurs bons centimètres que toute forme de chaussure civilisée. Et qui, de surcroît, est légèrement courbe, pour épouser le sol lorsque l'on tente de marcher avec (en claudiquant).
Bref, autrement dit, pas facile de travailler ces jours-ci, maintenant que ma partition déclamatoire est en place, que je pense avoir trouvé les nuances sur le textes, les rythmes, les éclats de voix, les suspens, et que ma gestuelle est fixée, apprise — autrement dit, maintenant qu'il convient d'assembler ces deux éléments équilibrant la déclamation baroque, hé bien, moi, je n'ai plus l'équilibre qui me permet de le faire!
Alors, certes, je suis un bel équilibre déséquilibré. Un oxymore baroque à moi tout seul. Mais ce n'est pas terrible. Trop lourd à porter, sans doute, une telle charge!

Mais que l'on ne s'inquiète pas, je ruse déjà: je mets des cales de porte sous mon pied défaillant, je surélève l'autre, et on ne pourra pas dire qu'une bête métatarse aura été plus fort que moi, que la Compagnie Oghma, qu'Arnaud d'Andilly, que la déclamation baroque et que Saint Augustin réunis!
Charles.

Monday, September 17, 2012

De pedis amputatio.


Un pas de basque un peu trop jeté;
Une mauvaise réception,
Crack!:
en l'espace d'un quart de seconde, me voilà avec une entorse de la cheville droite, et surtout le cinquième métatarse cassé.
Je propose aux médecins une bonne vieille amputation, et le remplacement du pied par une des dernières inventions formidables du docteur A. Paré, qu'on en finisse, ça ira bien plus vite, et la récupération se fera en un clin d'œil. 
Me voilà bien déçu lorsqu'on me place simplement un bandage autour du pied (m'enjoignant tout de même à me procurer une botte superatomique pour le maintenir en place), et me déconseille de poser le pied par terre.
Pendant trente jours. 
Soit presque tout le temps qui me sépare de la première des Lectures saintes.

Conclusion: si je devrais être tout à fait rétabli pour ma lectures des Confessions de Saint Augustin, à Sainte-Clotilde, le 21 octobre (à 15h, au 29, rue Las-Cases, dans le 7e arrondissement parisien, évidemment), en attendant, pour travailler comme il se doit, je dois ruser avec mon propre corps pour trouver l'appui dans le sol nécessaire à la déclamation baroque (oui, puisqu'il s'agit de la traduction de Robert Arnaud d'Andilly, de 1649). 
Pour finir de mettre en place ma gestuelle, pas de problème: je me mets à genoux sur une chaise haute, rendue confortable par un bon coussin bien molletoné, face à mon pupitre et mon miroir, mais pour déclamer et trouver l'énergie nécessaire à véhiculer verbalement ce texte si riche et dense, c'est bien moins pratique. 
Alors j'essaie des trucs, je garde mon pied infirme en l'air, prenant équilibre sur une béquille, puis, tente la même chose, avec mon talon planté dans le sol (j'ai le droit!), ne suis pas convaincu, réssaie à nouveau autre chose, pour me rendre tout de même capable de répéter, et ne pas prendre du retard sur le planning déjà très strict que je m'imposais avant l'accident. J'essaie assis aussi, pour répéter le texte comme on reverrait une partition musicale, pour en mémoriser les lignes, les tenues, le phrasé, sans trop pousser sa traduction. 
Mais que l'on ne s'inquiète pas: tout ira bien, et cette déclamation des Confessions devrait malgré tout parvenir, malgré les aléas de ses répétitions, aux hauts objectifs que je promets: de faire ré-entendre ce texte à travers le véhicule de la déclamation baroque, dans toute sa force et sa spiritualité.
Charles.

Friday, September 7, 2012

Champagne!

Si naturellement nombreux sont les peintres qui me fascinent, aucun, sinon peut-être Simon Vouet, ne me touche autant que Philippe de Champagne — à tel point qu'il peut m'arriver de passer au Louvre simplement pour saluer Catherine Arnauld, m'extasier devant ses deux Cènes, me dolir devant la Vierge de douleur, et être tétanisé devant le Christ mort couché sur son linceuil.
C'est, si je puis dire, un peu mon peintre de chevet, auquel je ne puis m'empêcher d'emprunter des images — je l'ai fait pour la scène finale (entre autres) de Phèdre & Hippolyte, pour l'affiche de ma lecture de la Passion du Christ qui aura lieu en mars — et dont je m'inspire sans cesse, comme pour celle des Confessions de Saint Augustin (qui sera bientôt dévoilée en intégralité sur notre Facebook) — car même s'il n'a jamais peint cet épisode de la conversion du saint, la pose de notre poster boy Adrien Morin lui est infiniment redevable — sans parler de ma gestuelle pour les imminentes Lectures Saintes: posé sur une table à côté de mon pupitre déclamatoire, une monographie du peintre, toujours ouverte, dans laquelle je me plonge dès que j'hésite sur un geste, où ne trouve pas tout de suite comment signifier une idée parfois trop abstraite. Et toujours, me parvient la réponse, presqu'immédiatement, dans une de ses toiles aux mains si grâciles, aux visages si beaux dans leur fragilité.
Et pour cause: notre cycle reprend les traductions port-royalistes d'Arnaud d'Andilly et de Lemaître de Sacy — il me semble donc évident que le peintre de Port-Royal soit le seul à pouvoir apporter des solutions à ces énigmes! — là où Poussin, ou même Vouet seraient trop extérieurs, presque spectaculaires, et pourraient m'aider pour gestualiser des textes théâtraux ou narratifs, comme ceux de L'Odyssée, Champagne apporte cette subtilité intérieure du geste, pas avec un mysticisme renfermé, mais avec une précision fervente, qui correspond à ce que j'imagine d'une oraison de Saint-Cyran, ou d'un Solitaire en prière.
Définir plus précisemment pourquoi Champagne me touche tant serait y réfléchir, et donc rendre cette sensation formidable (à tel point que, quand j'ai trouvé le geste que j'y cherchai, je continue parfois à parcourir ma monographie, sans cesse surpris, souvent ému aux larmes en retombant sur un tableau que je contemple au lieu de retourner au travail) par trop intellectuelle pour qu'elle ait encore cette puissance exceptionnelle. Je ne préfère donc pas, pour y puiser toujours plus de forces pour tâcher de véhiculer au mieux celles des textes de Saint Augustin que je travaille en ce moment.
Charles.