la Compagnie

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Monday, October 18, 2010

Les sempiternelles joies et angoisses d'un metteur en scène.

Mes journées sont très longues, très denses, en ce moment — mais si riches!
Je navigue entre le film, sa préparation, les décors et les accessoires qui se construisent, et Monteverdi, travaillant avec les chanteurs sur le texte. Et ces textes sont si forts, si prenants, qu'ils m'embarquent tout de suite, tandis qu'on s'y plonge — ils me fascinent littéralement, me submergent, même ceux des grands tubes, comme le Lamento della Ninfa, où je ne me lasse pas de découvrir sans cesse de nouvelles nuances, de nouvelles subtilités. Le même genre de sensation que lorsque nous montions Phèdre & Hippolyte, il y a trois ans; le même désir de partager mon émoi saisissant avec les interprètes, qui le prennent très-vite en compte, se laissent vite aller — comme Alice cet après-midi — laissant vite tomber les barrières qui nous protègent mais nous éloignent aussi du texte et de sa force.
Et c'est un sentiment très-doux, apaisant, qui me calme un peu, et me fait presqu'oublier mon angoisse et mon trac immenses à l'idée de commencer le tournage de Lord Arthur Savile's Crime dans moins d'une semaine — car, même si je me réjouis plus que je ne saurais dire de cette nouvelle aventure complètement folle qui s'amorce, si j'ai grande hâte de me mettre enfin à travailler avec les acteurs que j'ai choisis, si je m'impatiente de voir enfin vivre les décors qui commencent à ressembler à quelque chose, et de voir habités les costumes qui s'entassent sur de grands portants, je dois avouer que c'est une perspective qui m'effraie grandement, comme à chaque approche d'un tournage, de répétitions sur un nouveau projet…
Charles.

Monteverdi, Monteverdoche, Monteverdo.

Quel plaisir d’avoir travaillé avec Yann, notre cher contre-ténor aujourd’hui!
Quel enchantement d’entendre enfin sa voix, de s’amuser à déchiffrer Pur ti miro à deux!Nous avons donc eu une séance de travail avec notre insaisissable et, confirmant les impressions que nous avions déjà eues en le rencontrant, tout s’est passé à merveille. Une vraie aisance et sympathie s’est installée entre nous trois, ce qui ne rend le travail que plus agréable. Il était très à l’écoute lors du speech de Charles sur la déclamation et la rhétorique baroques, la primordialité de la parole etc., et très en demande d’explications. A ma grande surprise, il ne connaissait pas le solo que nous lui avions choisi, et c’est donc avec une fraîcheur presqu’inhabituelle que nous avons commencé le débroussaillage et que le travail a été lancé.Nous avons aussi travaillé, Charles et moi, sur le texte du Lamento della Ninfa.Cet air tant aimé, et si souvent entendu, m’a brutalement surprise par sa construction poétique.J’ai pris conscience, comme jamais, de l’importance du texte et de la force des mots.Sûrement un signe que le travail de Charles me fait avancer et redéfinir ma vision des choses.Tout cela s’annonce plus que palpitant; la suite au prochain numéro!

Alice.

Thursday, October 14, 2010

Meet Septimus R. Podgers.


C'est officiel maintenant, et plus moyen de reculer.
Le secret qui plane depuis quelques semaines n'en est plus qu'un de Polichinelle: la Compagnie Oghma tournera son deuxième film cette saison.
Un film muet, en anglais, d'après une nouvelle d'Oscar Wilde, Lord Arthur Savile's Crime.
Un grand film, digne de la MGM et d'Erich von Stroheim, avec un peu d'expressionisme allemand.
A vrai dire, avant de m'y atteler sérieusement, c'était une idée qui me trottait dans la tête depuis quelques mois auparavant, jusqu'à ce que, un beau soir d'août, nous ne décidions, avec Mélusine, de nous faire une petite séance de films allemands des années 20.
Du Dr Caligari à un Paul Leni, nous nous repûmes de terreur, d'horreur, de perspectives dérangeantes, de noirs et blancs contrastés.
Et c'était trop tard, l'idée qui se baladait dans mon cerveau s'y est ancrée définitivement, impossible de m'en défaire, il fallait que je fasse ce film.
Depuis, le scénario a été écrit, le casting, les repérages faits, les essais maquillage (car tout le monde, à part notre héros éponyme, sera effrayant, sale, grotesque) vont bon train, les décors et les accessoires se construisent…
Il faut bien: nous commençons à tourner le 23 octobre, et je suis mort de trac!
Charles.

Sunday, October 3, 2010

Ça avance!

La saison s'amorce bien, et les différents projets, sur lesquels le travail débute, sont une grande source de joie.
Sur Lagrime d'amanti, c'est très jouissif d'entendre pour la première les chanteurs que nous avons choisis avec Alice, dans leurs airs que nous commençons à bien connaître maintenant, après des mois de sélection, et de travail préparatoire sur les partitions. De découvrir la tendresse et la suavité d'Ilann Ouldamar, par exemple — de se rendre compte très-vite que c'est exactement la couleur de voix dont je rêvais pour Orphée. De saisir à bras-le-corps cette musique et ce texte, brusquement redevenus vivants, comme si je les découvrais pour la première fois, de se rendre compte de tout ce que nous avons encore à faire, et de toute l'extrême richesse qu'ils offrent.
Et notre grande surprise, que nous mijotons en cachette, est sur de bons rails, se prépare très-activement, dans une liesse et effervescence collective.
Promis, le secret sera bientôt dévoilé!
Charles.

Monday, September 6, 2010

La Compagnie vue par…


Sacqueboutes et Serments,
Bourrez les croûtes de froment,
Hissez les voiles!
Sarlat, crincrin, butins,
batailles et merlan.
Austère Symphonie,
soyez bavarde!
Ici sont les barques à riz,
là sont les mauvais sergents,
Va donc Bicoque!
Va donc Roland!
Epées en cuir
Topinambour,
Zéphirs félons
Battez Tambours!
Sylvestre en or
et Troubadour,
Branle-bas de Combat
Mort au Tyran!

Mélusine de Pas, violiste de l'ensemble.

Thursday, September 2, 2010

Je vais travailler avec la Compagnie Oghma!

Charles et moi avions souvent évoqué, lors de nos discussions, de travailler ensemble, projetant de monter un opéra italien pour Oghma. Mais l’idée était reportée à un avenir lointain et n’était que l’objet d’un fantasme commun.
Un soir, à une table de café dans le Marais, tandis que j’étais prise de doutes sur la saison à venir, et que nous nous interrogions sur notre avenir artistique commun, le sujet est revenu naturellement sur le tapis.
En dégustant un cocktail, la conversation s’est emballée et nous avons rappelé notre grande envie de collaborer, particulièrement sur de la musique italienne du dix-septième siècle, que je connais bien, pour l’avoir déjà pas mal abordée, et que Charles rêvait de titiller.
Les idées, d’abord plates et banales, ont très vite fusé de toutes parts, et il était difficile de nous arrêter. Nous sommes cependant assez vite tombés d’accord sur un compositeur: Claudio Monteverdi! De part nos natures respectives, la recherche de la suavité de sa musique s’imposa d’elle même.
La possibilité de mettre en commun nos connaissances sur ce compositeur nous ravit.
Comme un fait exprès, l’équipe me sembla assez vite évidente, ainsi que la collaboration avec l’Ebo dont je connais déjà bien les membres. Oghma est une compagnie que je suis de près depuis quelques années. J’ai eu la chance de pouvoir assister à ses derniers spectacles, Phèdre & Hippolyte, To.The.Onlie.Begetter. et Les Avantures d’Ulisse qui m’ont enchantée et transportée. Imaginez, pouvoir travailler avec des personnes si passionnées et qui connaissent tellement bien leur sujet !
Le choix du programme nous sembla aussi facile, malgré nos envies d’intégrer presque toute l’œuvre du compositeur.
Les idées les plus folles surgirent, nous étions prêts à ne plus en dormir pour y arriver. Enfin, arrivèrent les démarches plus terre-à-terre comme l’organisation terrible des répétitions (pas facile tous les jours de réunir six chanteurs dispersés à travers la France!), la réalisation des partitions… L’équipe au grand complet est prête à se lancer dans ce projet fou, ce travail titanesque qui nous attend, et j’attends de pied ferme le décorticage des partitions, la répartition des tâches, les prises de mesures ainsi que les grands moments d’amitié qui vont nous lier autour de ce projet.
Les répétitions sont sur le point de commencer, je trépigne d’impatience, et j’ai hâte de voir l’équipe au grand complet, réunie dans ce travail dont l’idée m’exalte au plus au point!

Alice Kamenezky, directrice musicale invitée.

Tuesday, August 31, 2010

la nouvelle saison!

Ça y est!
La nouvelle saison, la cinquième saison de la Compagnie, commence.
Après s'être retenus plusieurs mois pour ne pas trop en dévoiler, pour maintenir le mystère jusqu'à la date de son annonce, c'est toujours un grand moment qui arrive.
Un moment où l'on doute toujours un peu, forcément — a-t-on fait les bons choix, les spectacles seront-ils aussi beaux que nous les rêvons, n'a-t-on pas été trop ambitieux? — un moment que l'on attend fébrilement, après avoir planché dessus tout l'été, pour mettre en place les spectacles, leurs distributions, le planning des répétitions (pas toujours facile, surtout quand on considère certains gros projets que nous créerons cette année!).
Mais c'est avant tout un moment de liesse.
Parce que nous sommes heureux de partager avec vous nos projets, de vous en parler tandis que nous les peaufinons.

Parce qu'aussi les répétitions reprennent, et que chacun des membres de la Compagnie vont se retrouver, rejoints par d'autres, nouvelles recrues ou invités (comme Alice Kamenezky, soprano et directrice musicale invitée pour notre grand projet sur Claudio Monteverdi), pour relever ardemment les défis que nous nous sommes lancés en préparant cette saison.
Au programme, donc, quatre spectacles!
Deux reprises, dont To.The.Onlie.Begetter, notre spectacle autour des sonnets de Shake-speare qui avait eu un grand succès la saison dernière, pour lequel nous avons été invités à nous produire dans un des plus beaux lieux parisiens, et deux créations, une autour de notre grand ami, le Captaine Tobias Hume, l'autre sur les lamenti de Claudio Monteverdi.
Et peut-être une surprise!
Mais n'attendez plus, allez découvrir le programme complet de la saison sur notre site!
Charles.