la Compagnie

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Tuesday, October 18, 2016

Le Président nous révèle ce qui est caché.

La saison 2015–2016 qui s’est achevée au mois de juillet par l’Oghmac, notre fête du théâtre baroque en Périgord noir, a été la saison du rire et plus particulièrement celle de la satire: du monde de la justice avec Racine, des amours interdites et tragiques avec Scarron…

Comment présenter, alors, la saison 2016–2017? Le calendrier politique voudrait en faire une saison plus sérieuse. Nous en tiendrons compte. Dans les sujets traités, uniquement. Parce que, cette saison encore, la Compagnie Oghma entend bien essayer de vous faire rire, de vous divertir et, surtout, de vous faire voyager.

Pour cela, nous répartirons nos activités entre la Dordogne-Périgord, où la Compagnie est implantée, le Théo Théâtre à Paris, avec lequel nous collaborons depuis maintenant quatre ans et dont nous apprécions la programmation éclectique et exigeante et bien sûr, nos tournées à travers la France diffusant nos spectacles.

Tout d’abord, la Reine Vierge reviendra.

Elizabeth R., spectacle plébiscité et déjà prolongé, autour de cette figure légendaire d’une Angleterre rayonnante ouvrira notre saison. Nous espérons que vous serez heureux de découvrir (ou plutôt de redécouvrir) le courage politique et le charisme émanant des discours d'un chef d’Etat hors du commun devant ses troupes ou ses ministres, la pureté et la spiritualité habitant les prières du Gouverneur Suprême de l’Eglise d’Angleterre, ainsi que la richesse et la poësie de la correspondance amoureuse de la Reine Vierge, après la mort de laquelle s’éteignit la lignée des Tudors. Pour notre plus grand plaisir, Christine Narovitch incarnera ainsi à nouveau, avec justesse et élégance, cette reine mythifiée, tous les mercredis d'octobre à décembre.

La politique sera également, plus incidemment, au cœur de notre grande production de la saison: après s’être attaquée par deux fois à Racine, la Compagnie monte Amphitryon, de Molière. La création de ce qui constituera notre première pièce de cet auteur (il était temps!) se fera en Périgord, à Montignac-Lascaux, le 11 février 2017, avant une programmation à Paris à partir du 24 février.

Si le propos de ce mythe apparaît des plus légers, la dimension politique qui l’habite donne à sa réécriture une dimension férocement subversive et impertinente. Dieux joueurs, mortels ridiculisés et épouses abusées? Peut-être, mais aussi puissants arrogants, peuple violenté, femmes méprisées. L’ambivalence dont cette œuvre est animée, en plus de laisser Jupiter d’accomplir, métamorphosé, tous ses forfaits, pourrait bien également avoir permis à cette comédie d’éviter la censure qui avait déjà frappé Tartuffe trois ans auparavant. Une ambivalence toute baroque, pour une pièce d’une puissante modernité.  

Cette création sera l’occasion de faire croiser à nouveau sur scène plusieurs des comédiens déjà applaudis dans nos précédentes productions: Manuel Weber, Ulysse Robin et Romaric Olarte. Mais elle nous permettra en outre de vous présenter les visages de ceux qui les rejoindront: Pauline Briand, Valentin Besson et Joseph de Bony.

Avec cette comédie, Charles, Magister artium noster, vous proposera également une nouvelle vision du baroque. Loin de l’univers provincial des Plaideurs, vous serez invités à un divertissement de cour, présentant le faste et l’éclat du Versailles du Roi Soleil, dont la toute-puissance est si malignement égratignée par Molière.

Une création vive et colorée, pleine de broderies, soieries et dorures, qui constituera le cœur de notre programme.

Enfin, la saison se poursuivra à partir du 31 mai 2017 avec un spectacle autour des Fables de La Fontaine, présenté par Elsa Dupuy et Charles Di Meglio. Ce spectacle, créé à l’Oghmac 2016, permettra de découvrir une autre facette du baroque, à la scénographie d’une sobriété surprenante mais aussi tout en mouvements et en audaces (pensez-vous: un comédien, horresco referens, serait apparu de profil sur scène pendant le festival).

Une occasion, avant tout, de donner vie aux vers de La Fontaine, à ses apologues facétieux, pour certains méconnus et dont la sagesse résonne toujours avec la même intemporalité.

Et puis, naturellement, après quelques tournées, de nos Plaideurs et Fables, la Compagnie rentrera en Périgord pour la troisième édition de l’Oghmac, du 24 au 31 juillet 2017. Au programme cette année: la figure féminine au XVIIe siècle. Pour cela, nous vous préparons un menu de choix, avec des artistes invités, des créations et d’autres surprises qui vous seront dévoilées le moment venu.

L’intimité d’une souveraine d’exception, la richesse et la vitalité d’un mythe millénaire, l’intelligence de fables parfois méconnues…

Et si ce que la Compagnie Oghma se proposait de faire cette saison, c’était justement de révéler ce qui est caché?

Alexandre Comolet
président de la Compagnie Oghma

Monday, September 28, 2015

Le Président vous parle de notre dixième saison en rigolant.

Le rire a plutôt réussi à la Compagnie durant la saison dernière, les reprises de nos programmes pendant tout l'été à de divers festivals ainsi que l'enthousiasme qui a accueilli notre création Léandre & Héro, en témoignent. 
Bis repetita placet, faisons rire à nouveau le public de la Compagnie! Il faut dire que pour notre part, ça ne nous a pas déplu ce burlesque irrésistible du grand Scarron. 
Surtout, la Compagnie s'est agrandie et ils nous fallait une production digne des talents qui nous ont rejoint! Votre serviteur a tout naturellement songé à Molière… Notre Directeur Artistique a opté pour un autre auteur, au moins aussi éminent et nous vous avons concocté un programme digne de ce nom pour la saison qui commence.


Cette fois-ci, ce sera le traditionnel concert de l'Ebo, l'ensemble musical de la Compagnie Oghma, qui ouvrira la saison, avec Un Portrait de l'Amour, les 12 et 13 novembre dans le superbe temple du Pentemont, rue de Grenelle. Julie Petit, qui a rejoint l'Ebo en 2014, a élaboré avec la Compagnie un programme autour de pièces de François Couperin et de textes de Molière — tout vient à point à qui sait attendre… — porté par un ensemble considérablement diversifié pour un tableau galant et coloré.
Cette saison, c'est également une année phare dans l'histoire de la Compagnie, puisque ce sera notre dixième saison de programmation continue. Alors puisqu'il est de tradition chez nous de ne jamais laisser passer une occasion de s'adonner à quelque célébration, Charles a décidé de faire revivre quelques grands succès des saisons passées.
Nous donnerons ainsi à nouveau Léandre et Héro et The Most Excellent Inventions of Captaine Tobias Hume, respectivement en mai au Théâtre du Gouvernail et en juin au Temple du Pentemont, dont nous faisons notre place forte pour notre programmation musicale de cette saison. 
Mais il est temps enfin de vous présenter notre grande création de l'année à venir… Les multiples photos et newsletters avaient pu vous mettre la puce à l'oreille, de même que la campagne Ulule au cours de laquelle vous nous avez accordé massivement votre confiance et votre soutien: nous montons cette année Les Plaideurs, l'unique comédie de Jean Racine, satire féroce et - hélas - loin d'être datée, de la justice, des professions judiciaires et des justiciables procéduriers. Le voilà donc, ce rire! Et c'est avec un grand enthousiasme que nous nous sommes (depuis quelques mois déjà) lancés dans ce projet. Aussi, pour nous assurer que vous ne manquerez pas cet évènement, la pièce sera diffusée, après une création en notre fief périgourdin, pendant trois mois du 19 février au 30 avril 2016 au Théo Théâtre. 
C'est avec cette pièce que nous pouvons accueillir cette année trois nouveaux comédiens qui débutent une collaboration que nous espérons fructueuse avec la Compagnie Oghma et pour certains d'entre eux leur formation baroque auprès de Charles. 
Vous y retrouverez naturellement Charles Di Meglio que nous ne vous présentons plus, qui met une nouvelle fois en scène et sera l'auteur des costumes comme pour Léandre & Héro, Christine Narovitch, grâce à qui vous avez pu découvrir les saisons passées l'existence édifiante de la Reine vierge avec Elizabeth et qui renoue avec la tradition racinienne de la Compagnie après avoir été notre Phèdre en 2008, ainsi qu'Elsa Dupuy et Ulysse Robin qui ont fait leur entrée dans la Compagnie avec Léandre & Héro.
Nous rejoignent ainsi Romaric Olarte et Mikaël Mittelstadt, qui poursuivent leur formation au théâtre baroque au sein de la compagnie et Manuel Weber, déjà rompu à ses codes et à ses exigences et dont le nom et le visage ne seront pas inconnus aux plus baroqueux d'entre vous.
Ces projets réjouissants et ces nouvelles enthousiasmantes ne seraient rien sans la perspective de pouvoir les partager avec vous, que nous avons la joie de voir chaque année plus nombreux. Cette saison, en effet, c'est un peu plus la votre que les années précédentes, puisque c'est grâce à votre participation à notre campagne Ulule que ce projet des Plaideurs peut ainsi prendre forme. Souhaitons qu'elle le soit jusqu'au bout, grâce à votre soutien qui nous porte tant, à votre enthousiasme et aux encouragements dont vous nous témoignez jour après jour et saison après saison. A très bientôt donc, pour une saison nouvelle que nous vous souhaitons pleine d'audace, de qualité et baroque
Alexandre Comolet, Président de la Compagnie Oghma.

Sunday, May 31, 2015

Du trait à la couleur.

Tout costume commence par un trait. D'abord un trait de crayon sur le papier, pour le dessiner, le façonner une première fois en donnant l'allure générale au personnage. Un trait en noir et blanc, suivi par d'autres, croisés par d'autres encore, détaillant les matières, les plis, le tombé de chacun des éléments, encadrant le dessin final de consignes et de points importants. Des lignes, comme lorsqu'un peintre prévoit son tableau, dispose ses personnages dans l'espace, leurs regards, la lumière.
La saison prochaine, notre dixième, nous montons un projet un peu fou: Les Plaideurs de Jean Racine, sa seule comédie. Devant l'ampleur du décor et le nombre des costumes à réaliser pour cette nouvelle production, nous avons lancé une campagne Ulule pour les financer. Et l'élan qui a été témoigné à cette campagne est jusqu'à présent exceptionnel et impressionnant. Quelques uns de nos soutiens ayant choisi de nous aider en nous envoyant un chèque (car, oui, vous pouvez également nous envoyer vos contributions par chèque à l'ordre de la Compagnie Oghma si vous préférez et elle sera portée à la cagnotte! — écrivez-nous pour que nous vous transmettrons notre adresse postale), nous avons d'ores et déjà pu investir dans une partie des tissus des costumes et j'ai ainsi pu me lancer dans la confection de l'un d'entre eux: le pourpoint de soie céladon que portera Léandre,(oui: nouvelle pièce, nouvelle production, mais encore un Léandre, dont Elsa sera encore amoureuse — cette répétition m'amuse beaucoup!).



Mais revenons à nos traits. Car d'autres suivent les premiers au crayon: sur du tissu cette fois-ci, tandis que l'on reste dans une anticipation des matières, des couleurs: on trace à la craie les lignes de coupe, les coutures sur la toile à patron. Avant de l'assembler dans ce qui sera en quelque sorte le brouillon du costume. A ce stade, le rendu final ne se reflette que dans mon imagination, et il sefaut  projeter dans les couleurs et les matières pour avoir une idée de ce à quoi ressemblera la chose finie.

Essayages, retouches. A nouveau des lignes: celles du corps de l'acteur auxquelles j'ai tâché d'adapter mon patron, celles du tissu qui, si besoin est avec quelques épingles, épousent celles de l'acteur.
Puis on découd, on trace d'autres traits. C'est prêt: c'est cette fois-ci dans le tissu définitif. Tissu définitif choisi avec soin, parfois après plusieurs heures passées à chercher la bonne couleur dans la bonne matière (les couleurs baroques n'étant plus tant celles qui sont à la mode, il m'aura par exemple fallu près de trois heures pour trouver la couleur parfaite de la doublure plus claire du pourpoint)
Et là le miracle commence à opérer, le costume semble prendre une nouvelle vie: celle qu'on lui a toujours imaginée, celle qu'on a rêvée. D'un monde en noir et blanc, un peu raide, on plonge dans la chatoyance baroque. C'est un peu comme si, après l'avoir toujours vue dans une copie en noir et blanc, on redécouvrait la grande scène du bal colorée du Fantôme de l'Opéra de Rupert Julian avec Lon Chaney: la magie nous happe et l'on n'a plus la même chose devant les yeux. On passe des lignes brutes et un peu raides gravées dans le bois à l'ukiyo-e finie, les couches de couleurs ayant peu à peu imprimé le papier de riz. Un monde de couleurs, de reflets, de matières, que l'on n'imaginait déjà presque plus: on est passé du trait à la couleur.


Si ce ne sont encore que des épingles qui tiennent assemblées manches et basque sur notre mannequin Ferdinand, déjà je découvre, les yeux pétillants d'étoiles émerveillées, le spectacle prendre un peu vie et nous voilà repartis en voyage vers le dix-septième siècle!
Si nous sommes suffisamment proches de l'objectif de notre campagne pour nous lancer dans de telles expéditions, nous n'y sommes pas encore et ainsi, pour multiplier ces yeux enthousiasmés et emportés par nos costumes (sans oublier notre décor), continuez à nous soutenir (par chèque aussi donc, si vous le souhaitez): chaque euro compte, nous importe et nous fait chaud au cœur. N'oublions pas que nous ne pourrons bénéficier de votre soutien hors-normes que si la somme finale (ou plus) est récoltée. N'hésitez donc plus: le soutien qui nous a été montré jusqu'ici est formidable, tout comme nous espérons que le seront nos costumes et décor
Parlez-en aussi avec force autour de vous, Facebook, Twitter et alli sont aussi d'excellents relais: plus l'aide qui nous est apportée sera grande, plus les constellations d'émerveillement se répandront, d'abord dans nos studios, mais surtout à partir de février lorsque nous aurons la joie de vous présenter le spectacle!
Charles.